Le cinéaste égyptien Youssef Chahine est mort


Le plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, est décédé dimanche à l’âge de 82 ans après avoir passé six semaines dans le coma à la suite d’une hémorragie cérébrale.




Le dernier monstre sacré des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine a produit une oeuvre aussi intimiste que politiquement engagée sans trouver dans son pays la reconnaissance obtenue à l’étranger. Né le 25 janvier 1926 dans l’Alexandrie cosmopolite, il n’a cessé, en une quarantaine de films, d’imprimer sa mémoire et ses idées de gauche et anti-islamistes en prenant l’Egypte pour grande toile de fond. Mais plus célébré à l’étranger qu’il ne l’était dans son pays, il avait obtenu en 1997 le prix du cinquantième anniversaire du festival de Cannes pour l’ensemble de son oeuvre, après un Ours d’argent en 1979 au festival de Berlin. "Il voulait être acteur, mais s’est aperçu qu’il bégayait un peu et n’était pas si beau, alors il s’est dit : je vais jouer à travers d’autres", a raconté à l’AFP l’un de ses grands "autres", Omar Charif, découvert par Chahine. Quelques titres se distinguent, comme "Eaux noires" (1956), avec Omar Charif, "Gare centrale" (1958), où il interprète un mendiant, et "La terre" (1969), chef-d’oeuvre poétique et politique consacré au monde paysan. Son soutien à la révolution algérienne dans "Djamila l’Algérienne" (1958), va de pair avec la célébration du panarabisme en vogue ("Saladin", 1963).


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